Quel cuisinier hors pair que ce Jacques Offenbach !
Son plat de prédilection ? Les Rois !
Prenez-en un célèbre. A peine posé sur un plateau, il le transforme en insecte en moins d’une tirade :
« Je suis l’époux de la Reine, poux de la Reine, poux de la Reine, le roi Ménélas… » Prenez-en un classique, sans saveur, il le réduit à sa plus simple expression phonétique, en onomatopée : « Je suis Vlan ! le roi Vlan ! Vive Vlan ! » Prenez enfin un roi extra terrestre, élu pour son poids, comme il est d’ usage sur la Lune : le roi Cosmos. Imbibez- le de cidre et ce roi, insensible, devient subitement plus amoureux qu’un cœur d’artichaud.
Développer une satire aussi cinglante en cuisinant des rois, sous le Second Empire, réclame du doigté. Et n’est pas Beaumarchais qui veut. Alors Sa recette ? Trois cuillers à soupe de féérie enfantine, de l’entrain, du tempo et hop ! La magie opère et tout devient digeste.
Vous qui rêvez d’ aller sur la Lune, mettez-vous donc à table : le plat est servi !